Un jour ou l’autre, ça devait arriver…
décembre 14, 2007
Je ferme.
Ceux qui voudront l’adresse du nouveau n’auront qu’à me mailer, ou laisser un commentaire ici.
Merci à tous d’avoir suivi Ma Plume, mon petit vide-pensée, mon échappatoire quoi.
Merci pour vos commentaires.
In the pines, where the sun don’t ever shine.
décembre 8, 2007
Cette période est revenue, celle ou le moral n’est pas au rendez-vous. Tout est gris, il fait froid. Je me les pèles dans la cour avec mon petit blouson marron, malgré l’écharpe autour du cou. Je suis présente parmi les autres mais pourtant seule, j’écoute et je répond mais je m’en fiche au fond. Il me plait, beaucoup, mais je ne l’aurais jamais. R n’est pas fait pour moi, où je ne suis pas faite pour lui. Comme un rêve inaccessible. Et puis ça sonne et je reviens, essaye de m’introduire avec les filles de ma classe, c’est difficile. Des fois ça passe, des fois pas. Alors je m’efface, et je tente de sourire quand même. On entre en classe, on sort les affaires. Je m’affale sur ma chaise, écouteurs dans la manche et main posée à l’oreille. Je regarde la prof mais ne l’écoute pas pour autant, je m’évade quelques minutes pour demander ensuite à mon voisin ou on en est. Puis c’est midi. Le midi il pleut, le midi toutes les flaques sont pour mes chaussures. Dans le rang du self, ça va pas. Parce que dans le rang du self, pour peu que tu sois un tout petit peu derrière les filles avec qui tu traîne, tu ne peux pas entendre et écouter ce qu’elles disent. Alors des fois je sors mon mp3, écoute en boucle des chansons tout en sachant pertinament que dans une semaine je ne pourrais plus les entendre, car trop écoutées. Je les connais par coeur, et toujours c’est la même rengaine. Elles me rappellent trop de choses, une période où… Bref.
A cette période, calée sur le concert de Kurt, mode semi dépressive car trop de nuages, dans le ciel et dans ma vie. Et on tente malgré tout de sourire histoire de se dire que bon, la vie n’est pas toute moche et que si on veut changer les choses on le peut. Que si on rigole un peu ça ira mieux. Et je me force et ça va mieux. Et puis voilà, ça sonne, on s’est bien amusée, j’ai bien matté R tout en sachant qu’il ne le savait même pas. Elles me disent que ça pourrait le faire mais je le sais bien que ça pourra pas le faire. Et puis je ne pense plus à lui, essaye de me concentrer un peu en maths parce qu’en maths tu ne peux même pas macher un chewing gum sans copier 200 lignes qu’il ne ramasse jamais. Tu t’es fais chier à faire deux copies doubles, à écrire deux centaines de fois les mêmes mots, pour rien. Le prof te fais chier, toi et ton voisin tu discute un peu et je me fais griller. Et je m’en fou parce qu’un jour je partirais. Je me levrais et quitterais la salle. Et peut être qu’un jour les profs auront imprimé dans leur tête vide de connaissance sur moi que je n m’appelle pas Marjorie. Et tout le monde rigole quand je commence à jeter la prof d’anglais, en lui disant que moi, bordel de merde, c’est Mallory.
C’est cette période, pire chaque année, ou ma guitare n’a plus de cordes. Je ne sais même pas jouer correctement, mais tente en vain d’apprendre des petits trucs. Trop soucieuse que ce soit si laid que ça je les oublies aussitôt. Et chaque hiver, je réécoute les mêmes groupes, les mêmes chansons. C’est la même chose tout le temps. Il ne neige pas encore, le parc du bahut enneigé Dieu que ça doit être beau. Parce qu’on avait l’air con l’année dernière à s’envoyer des boules de neige dans la gueule et rentrer mouillé en cours. Mercredi prochain je suis collée, d’ailleurs. Et si j’ai bien compté, je le serais encore deux fois dans l’année. J’ai une moyenne de trois retards en deux mois. Parce que si j’avais vraiment envie d’aller voir le tête de cons aux profs, peut être que je serais là dans la cours 1h avant que ça sonne ? Mais ils ne captent rien. Rien. Ils croient que je n’ai que ça à faire de les écouter, mais j’ai d’autres choses plus importantes à penser. Parce que moi ça va pas fort. Mes amies c’est encore pire. Et moi je ne sais pas me défendre, dépourvue de carapace. Comme une tortue sans carapace, un escargot sans coquille sur qui on marcherait, mais qui ne mourrait pas sur le coup. Petit à petit, en fait. Un peu comme la libellule pas encore tout à fait décomposée depuis deux ans, sur le rebord extérieur de ma fenêtre. Bizarrement, il reste les ailes. Et petit à petit je perd tout espoir que R fasse attention à moi. J’entre dans cette période ou faut pas m’en vouloir, parce que si on me fait des reproches c’est pire. Décorer le sapin, j’adore ça, mais c’est devenu trop rituel. Eh toi, souris : dans deux semaines c’est Noël. Dans deux semaines c’est pire.